La transfiguration de Paul Kramer (I)

I. Horaire des offices: complies 20h35

Un jour à Paris, Paul Kramer, 27 ans, disparaît. Où est-il? Sa famille, ses amis, s’interrogent. Des bruits courent à son sujet… A-t-il vraiment changé de visage? De sexe? Est-il mort? Ou bien est-il devenu prêtre, militaire, vagabond, gourou? Certains prétendent l’avoir aperçu au détour d’une rue, en Éthiopie ou en Autriche, d’autres sur les chemins de Lozère ou de Normandie…

Au Japon, 80000 personnes, principalement des hommes, disparaissent chaque année dans le pays. La France elle, ne publie pas de chiffres concernant ce phénomène. Honte, dépression, épuisement, les causes sont nombreuses, par nature invérifiables. Comment recommencer sa vie, à l’improviste, en abandonnant tout ce qui nous a construit pendant des décennies? Comment se représenter l’existence de celui qui a disparu. La Transfiguration de Paul Kramer est l’histoire d’un double, d’un homme invisible, un questionnement sur nos manières de s’intégrer et de se désintégrer dans un monde inondé d’images et de filtres … Où commence ta carrière et où commence donc ta vie?

Inauguré après avoir revu notamment Les Passagers de la nuit, de Delmer Daves sorti en 1947, archétype du film noir dans lequel Humphrey Bogart, tout juste échappé de prison, se fait refaire le visage par un chirurgien des bas fonds de San Francisco pour espérer échapper à ses poursuivants et partir (après avoir été recueilli par Lauren Bacall) sur les plages du Pérou, ce corpus d’images est un travail sur l’errance, la fuite, la poursuite du juste lieu, enfin notre capacité presque animale à la métamorphose.